Musique // Three Boys, One Cup

0 Posted by - 12 décembre 2012 - Pop

La scène rock parisienne ne s’est pas effondrée avec la mort du feu de paille des baby-rockers. Il y a encore des gens prêts à faire bondir les amplis et crier les guitares – et bien mieux que les autres enfants en perfecto, hein ! Formé sur les vestiges de Clak au tournant de la décennie, PortronPortronLopez incarne une certaine branche radicale de cette scène. Sans paillettes mais avec des idées. A l’occasion de leurs concerts parisiens de cette semaine, on les a rencontrés autour d’une bière : récit.

Ils sont trois à se présenter, Marceau et Valentin à la guitare et Lucas à la batterie. La première fois qu’on a écouté leur musique, on s’était imaginé qu’ils étaient beaucoup plus, tant le son est dense et fait de multiples voix. Capable de passer du punk-rock à des trucs bien plus complexes sonnant tantôt comme de la pop baroque et prog, tantôt comme le Velvet radical et merveilleux de WHITE LIGHT / WHITE HEAT si au lieu d’avoir été raciste Moe Tucker avait été indienne. Le caractère éclaté de leur musique ils le revendiquent et l’expliquent par la volonté de multiplier les collaborations, les projets et les identités. Quand on leur demande de définir leur musique, les trois répondent en cœur « Dancing Rock’n’Roll ». Car, oui, ce qui les fait monter sur scène c’est avant tout l’envie de donner du plaisir aux gens : « Si tu sens que les gens ne suivent plus, t’as plus envie de continuer. Tu t’arrêtes ». Cette science du concert, le groupe la doit à de nombreuses années faites à jouer de bars en bars. « Ça va faire dix ans qu’on joue ensemble » me disent Valentin et Marceau. Ils n’étaient encore que des gosses quand ils montèrent leurs premiers groupes Bad Ducks et Joseph K. Puis vint Clak et la rencontre avec Lucas. Après trois ans, et différents changements de line-up, les trois décident qu’ils sont mieux entre eux et publient trois disques de façon totalement indépendante. Pourtant, en les interrogeant on sent que pour eux le salut viendra par la scène. Ont-ils peur que leur musique âpre évoquant parfois Sonic Youth rebute le spectateur néophyte ? « Il se passe quand même pas mal de truc dans nos morceaux instrumentaux. – Et puis c’est quand même rigolo de proposer aux gens une musique qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre ». Vous en avez marre de tous ces groupes d’électro-pop proprets, vous voulez savoir ce que c’est que de revivre des expériences fortes. Comme ils le disent « on n’a pas les fringues » mais, comme Dinosaur Jr. avant eux, ils savent que jouer trop fort vaut mieux que tous les godasses du monde. Dernières raisons d’aller les voir, s’ils jouent deux fois – jeudi 13 et dimanche 16 au Fanfaron (Ledru Rollin) – chacun de leurs concerts sera unique : le premier en acoustique pour la caresse, le deuxième branché pour une bonne grosse claque.

Cyril Camu – 12/12/2012

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