Evenement // The House of Blazing Sun

0 Posted by - 28 novembre 2012 - Pop

Hey Jack était au concert de Beach House la semaine dernière au Trianon. Review.

Il n’est pas encore 20 heures, la salle n’a pas fini de se remplir que les lumières s’éteignent déjà. Avant Beach House, c’est le mancunien Holly Other qui ouvre. Sa dance music se déploie en douceur, s’immisçant et se propageant dans tout le corps. Elle partage avec celle de Burial la même science précieuse et délicate des samples de voix comme des fantômes tout en lévitation. Elle est à la croisée des chemins de Christian Fennesz et de Modeselektor, là où Nicolas Jaar se vautrait, passé la première chanson de son Space is the Only Noise. Mais, lui, rayonne. Au dessus de moi au moins. Car à voir la réaction des gens autour, à entendre la rumeur entre chaque morceau, dire que le reste du public s’en tape est un euphémisme. Loin de moi l’idée de faire de la détestation d’autrui ma marque de fabrique, mais il faut que je le dise : ces gens sont des gros ploucs.

Putain ce qu’il fait chaud quand le groupe de Baltimore arrive enfin sur scène. Une arrivée surtout physique dans un premier temps tellement Victoria Legrand semble absente pendant les premières minutes. Avions-nous trop attendu ce concert, quitte à l’idéaliser ? Wild, Walk in the Park, Other People, Lazuli… les chansons s’enchainent et le doute commence à se répendre en moi comme la maladie mangeuse de chair. Heureusement, sur Gila, la vie semble avoir retrouvé le chemin du corps frêle de la chanteuse. Sa voix ample se soulève et nous enveloppe enfin de sa grâce. Maintenant qu’elle s’est éveillée, Victoria Legrand ne nous lâchera plus. Elle est bien aidée, c’est vrai, par Alex Scally à la guitare. L’homme à sa droite est ce que l’on a inventé de mieux en termes de guitaristes pop depuis, pfiou.., Johnny Marr en 1982. Et ça, ça vous situe un gars. Il enchaîne ses petits riffs ciselés avec une attention qui n’a d’autres noms que la perfection. Le concert fait la part belle aux titres de Bloom paru au printemps dernier, ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le groupe n’oublie pas non plus de jouer les meilleures chansons de leurs trois albums précédents – celles de Teen Dream surtout. Vers le milieu du concert, le groupe interprète une version de On the Sea à vous foutre le vertige. Et si c’était celle la, la meilleure chanson de l’année ? Alors que l’on croit que rien ne peut être encore plus beau, le groupe choisit d’assener le coup de grâce : enchaîner cinq de leurs toutes meilleures chansons. Ils sont si peu nombreux les groupes capables de jouer à la suite des chansons aussi grandes que Zebra, Wishes, Take Care, New Year et Myth. Si le groupe sort de scènes après, c’est bien par bienveillance. Afin de nous laisser souffler et reprendre nos esprits si peu habitués à une musique aussi miraculeuse. Un répit avant un rappel synonyme de coup de grâce. Real Love, pourtant loin d’être la meilleure chanson du groupe, est belle à chialer. 10 Mile Stereo, qui, elle, est sans doute la plus grande de leurs grandes chansons, donne, aujourd’hui encore plus que d’habitude, l’impression d’être invincible. Irene, enfin, vient clore logiquement un concert dont je ne suis pas près de me remettre complètement.

 

Cyril Camu – 28/11/2012

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