Actu // David Bowie, Still Life On Mars

0 Posted by - 14 janvier 2013 - Pop

Ce qui est marrant, c’est que la semaine dernière à peine en tapant le nom de Bowie sur Google il n’y avait rien. Aucune actualité, aucune rumeur concernant un nouvel album, un retour à la scène. Hier encore David était ce papy malade du coeur qui risquait d’un jour à l’autre de mourir et d’emporter pas mal de nos souvenirs avec lui. Et puis le lendemain matin, mardi, gros chamboulement.

Tous les twittos parlaient de l’annonce d’un nouvel album, et il y avait même une setlist ! Alors j’ai lancé le son « Where Are We Now » sans rien attendre de particulier, réalisant rétrospectivement quelle mauvais surprise il aurait pu faire s’il nous avait sorti du réchauffé. Ne rien dire, ne rien penser et j’ai juste cliquer sur replay. Et puis réécouter. Se la passer une quinzaine de fois avant d’atterrir sur terre… C’est vraiment très difficile de sortir de cet état.

Oui, ça n’est sûrement pas ce qu’il a fait de meilleur (mais est-ce qu’on lui demande tout le temps de faire meilleur, meilleur ?). C’est calme, pas forcément original. Mais entendre sa voix, penser que le morceau n’a pas 10 ans, qu’il a été fait il y a peu… Rien que ça, c’est déjà énorme. Bowie, s’était enterré cet été en répondant absent à la cérémonie de clôture des JO. Ne pas se déplacer pour représenter son pays, c’est mauvais signe, ça respire la fin de vie, surtout quand tu t’appelles Bowie et que t’es connu pour tes excès passés.

Mais quel retour il a fait ! C’est une chanson super mélancolique, sur le temps, sur ce qui s’est passé entre le moment où il était là, et le moment où il est parti. Il parle de Berlin, on pense à Lou Reed et à la trilogie Berlinoise, on pense à Heroes pour l’orchestration, on pense à beaucoup de choses en voyant le clip. Très étrange, ce clip, d’ailleurs, avec ces têtes bizarres accrochées à un oreiller, déformées, qui laissent passer derrière elles les visions allemandes.

C’est à l’occasion de son 66ème anniversaire que David a sorti le morceau. Alors tout de suite nous, les fans du premier âge, on se sent interpellés par le « we » du titre ; alors évidemment on peut pas s’empêcher d’avoir une envie folle de se replonger dans ses précédentes oeuvres. Mais on reste bloqués sur cette nouvelle ballade pluvieuse, et ça c’est très fort. On ne peut pas s’en détacher, on cherche dans les paroles là où il veut nous mener. Tristement, il a réveillé le souvenir de lui qui était en nous – et ça nous a donné beaucoup d’espoir.

Quel que soit le contenu de cet album, on sait qu’on peut lui faire confiance. S’il y a bien une vertu qu’il faut reconnaître à David Bowie, c’est son caractère totalement imprévisible. Et là, en jetant un petit regard sur sa carrière, on se dit qu’il a toujours travaillé comme ça (surtout depuis les années 90, où il est passé d’expérimentations en expérimentations, avec pas mal de succès). C’était un homme de style, quelqu’un qui soignait ses apparitions, un metteur en scène permanent. Ce qui charme dans cette nouvelle mélodie, ça n’est pas spécialement le look du clip ou la musique, c’est la symbiose, l’impression étrange et très forte qu’il arrive à provoquer.

On ne peut qu’attendre avec énormément de confiance le nouvel album et, qui sait, une tournée ? En attendant, continuons toute la nuit à traverser Berlin avec sa voix cassée. Oui, c’est vrai, où est-ce qu’on est maintenant ? Où est-ce qu’on est arrivés ?

 

Gauthier Nabavian – 14/01/2013

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