Actu // Overgrown de James Blake

1 Posted by - 15 avril 2013 - Pop

Les beaux jours reviennent avec un mois d’avril chargé en retours explosifs. Le 8 avril dernier sortait le nouvel album du très précoce James Blake. On s’est dit qu’on n’allait pas l’écouter tout de suite, et on a attendu la journée ensoleillée d’hier pour analyser tout ça avec le soleil qui nous rôtit le crâne.

Depuis maintenant quelques années Blake ne cesse de passionner la toile. Considéré comme un des boss du mouvement post-dubstep, aux côtés des puissants Mount Kimbie et Jamie XX, James Blake est vite devenu, et ce grâce à son sublime premier album éponyme sorti en 2011, l’un des compositeurs de musique électronique les plus influents. Autant s’avouer que ce nouvel album était impatiemment attendu. Un peu comme des gamins, la veille de Noël mais trois mois après, t’sais.

Désormais abonné au même schéma que pour le précédent LP, James Blake nous livre onze morceaux. Onze complaintes où le silence est minutieusement accompagné d’une voix angélique, qui choisit pour ce nouvel album un plus grand détachement vis à vis de son instrument favori, le piano. Un album assez sensible, dont la poigne est vive. Blake dévoile un univers toujours aussi sombre, mais traversé par un rayonnement lyrique intensément lumineux et clair. Sa voix transporte, de long en large, de planètes en galaxies, sans jamais nous perdre en chemin.

Morceau après morceau, il parait difficile de ne pas se décomposer, de ne pas fondre en mille face à tant de vulnérabilité. Attention, si à travers leur fragilité et leur langueur traînante certains des titres, à l’image d’Overgrown ou Our Love Comes Back, s’inscrivent ainsi directement dans la lignée du précédent LP, d’autres marquent littéralement une rupture. En témoigne l’imposant Digital Lion, en feat. avec l’excellentissime Brian Eno. Transcendant de par son rythme et sa polyphonie, le morceau affecte l’état de l’esprit, bouleverse et renverse les conventions. On s’en sort avec un LP naturellement harmonieux, rythmé et mélodieux dont le morceau phare Retrograde sublime et surgit dans tes oreilles sans ton accord.

Si ce nouveau travail rompt littéralement avec le précédent, le processus n’en est pas moins cohérent. James Blake, ayant délibérément muri, nous offre un album solide, construit et inattendu. Surpris du début à la fin, on ne peut qu’avouer que ce Blake nous a pondu là est purement bandant. Be careful, frissons garantis.

Valentin Etancelin – 11/04/2013

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