Nocturne // Report : Marvellous Island 2014

2 Posted by - 21 mai 2014 - Nocturne

Du 7 au 10 mai 2014 a eu lieu la deuxième édition du festival électro de la Marvellous Island au Chalet de la Porte Jaune (Vincennes). La première édition avait frappé fort, avec de grosses pointures telles que Loco Dice, Jamie Jones, Seth Troxler, Tale of Us, Wankelmut, Maceo Plex… L’édition 2014 avait donc la dure tâche de conférer une légitimité définitive à la Marvellous dans le petit monde des festivals électros franciliens.

Mercredi 7 mai

23h20, Château de Vincennes. La tension est palpable dès la sortie du métro. Des bandes de jeunes déambulent dans la rue à la recherche d’un endroit où finir leur bouteille de vinasse ou à la recherche de cette fameuse navette spéciale censée emmener les festivaliers sur l’Ile, qui se trouve à environ 25 minutes à pied. Pas le temps d’attendre la navette, la team Hey, Jack ! saute dans un taxi. Sur le chemin, des pancartes spéciales indiquent la direction de la Marvellous, des groupes de potes longent la route à pied, et finalement le taxi arrive devant l’entrée. Il y a du monde, beaucoup de monde, autant devant l’entrée principale que devant le stand où « Presse, Artistes, Invités » et autres listes doivent récupérer leurs pass et bracelets. Ca poireaute pas mal dans la queue, le temps passe, on discute avec un voisin de galère et on apprend que le festival a ouvert deux heures après l’heure prévue parce que « la déco n’était pas prête ». Le staff des entrées est débordé mais gère la foule avec pas mal de self-control et, malgré la lenteur, le système d’organisation semble plutôt bien calibré. Nous entrons enfin vers 00h10.

Rapide coup d’oeil à la configuration des lieux avant de s’attaquer au son : la scène extérieure de l’année dernière a été remplacée par une énorme tente (Temple Stage) qu’on avait déjà pu voir lors de la Big Bang Theory. La Jungle Room et la Black Box sont toujours là. La Marvellous 2014 c’est donc trois scènes entièrement couvertes alors qu’il y en avait une outdoor lors de l’édition 2013. Si le choix de couvrir trois scènes reste prudent quand on sait qu’il a plu tous les jours où la Marvellous avait lieu (la pluie s’arrêtant comme par magie juste avant l’ouverture des portes), certains ont tout de même dû être déçus de passer la soirée enfermés dans des salles sombres alors que la scénographie extérieure vendait du rêve. Un peu partout dans l’île a été posé du faux gazon (un peu casse-gueule) et des chambres à air de roues de camion pour s’affaler. Vers la Jungle Room, un petit coin a été aménagé pour la restauration et, vers la Black Box, on trouve une espèce d’arrière-cour démente, le Chill Out, avec des fauteuils pour se poser et pleins de stands et d’activités funkys, comme un Silent Disco, un petit market pour acheter des tee-shirts (Atelier Amelot) et des animaux en plastique, un stand de maquillage…

Direction la Temple Stage où Fritz Kalkbrenner est déjà en place. D’énormes fleurs exotiques pendent du plafond en guise de spots lumineux et la salle est noire et moite de monde. Après des problèmes de sono qui lui ont valu des sifflements gênants, Kalkbrenner a mis le le feu au Temple Stage. Le set était calibré, mais le Fritz aurait pu mieux faire. Peu importe, la foule semble conquise et nous aussi. Tout devant, le plancher tremble déjà sous les pas de danse.

01H45, premier passage aux toilettes de la Jungle Room qui, comme d’habitude au Chalet de la Porte Jaune, sont un enfer, peu importe l’event de toute façon. Soirées après soirées on commence à s’habituer à ces chiottes de l’horreur et on fait la (looooongue) queue patiemment. C’est aussi le moment pour faire un petit détour obligé par le Jungle Room qui avait bénéficié l’an dernier d’une scénographie magique et ultra travaillée. Les orgas ont réitéré l’exploit cette année : feuillages, lianes, gorille grandeur nature… la Jungle conserve clairement son titre de la salle envoyant le plus de rêve au niveau de la décoration. Le public semble tellement avoir apprécié le concept qu’on ne compte même plus le nombre de photos et de selfies ayant été faits au milieu de branches et balancés sur Facebook et Instagram. Il n’empêche que Fabio Giannelli ambiance une Jungle qui peine à se remplir.

Direction la Black Box pour l’arrivée de Marc Houle. La Black Box porte mal son nom : avec trois points de diffusion sur 40 mètres et un show découpe volumétrique 3D laser, le jeu de lumière était puissant et a littéralement ébloui la salle sur le tempo de la musique. Marc Houle a fait une entrée en fanfare, giflant la foule à grand coups de batterie et de cognements sourds dont il raffole. Comme à son habitude, le Canadien a servi de la techno sur un plateau et donné une petite folie au public qui semblait définitivement conquis. On quitte Marc Houle pour profiter un peu de l’air frais. Au fil des heures, de plus en plus de festivaliers élisent domicile dehors. Le faux gazon, les pneus géants et les troncs d’arbres enguirlandés font office de contre-soirée. En parcourant la foule des yeux on s’aperçoit que, comme l’an dernier, le public marvellousien semble assez clean et se tient bien. Ca fume, ça boit, ça discute, ça rigole, ça se détend, ça se déguise. Mais pas de trash, pas de bagarre, pas d’excès, rien de glauque… c’est l’esprit Marvellous, qui confirme ce soir une identité qui se veut bon enfant.

© Maxime Chermat

© Willem Nere

Retour au Temple Stage pour la fin du set de M.A.N.D.Y. qui tire sa révérence sur une techno sombre, glaciale et percutante. On se dit qu’on regrette de ne pas avoir assisté au set en entier mais l’arrivée d’Audiofly à 4h nous déculpabilise. Le duo composé de Luca Saporito et d’Anthony Middleton nous offre la meilleure entrée de jeu qu’on aurait pu imaginer à cette heure de la nuit, avec une tech-house sombre et spatiale qui nous embarque à bord de leur vaisseau. Le duo enchaîne sur un groove aux sonorités funkies qui achève de désinhiber le public. Des filles sont perchées sur les épaules des garçons, il est tard et la foule chante au rythme de la musique. Audiofly nous a offert une session propre et entrainante, un set parfait pour clôturer le Temple Stage, et la nuit, en beauté.

Jeudi 8 mai

Si la soirée du mercredi fut très techno, celle du jeudi a laissé un peu de place à la deep house. On se pointe vers 23h30 pour Robin Schulz dont le son live, dans le désormais fameux Temple Stage, fut assez incroyable. Schulz a – forcément – envoyé ses sons les plus connus (« Sunset », « Same », etc.) pour s’attirer la sympathie du public, mais les jouer en live rendait plutôt pas mal et la foule était en liesse, ce qui a énormément contribué à rendre son set jouissif. La Black Box accueillait tout la clique Diynamic avec Karmon, H.O.S.H. et le maestro Solomun. Le son était parfait mais la salle noire de monde et étouffante dès l’arrivée de Solomun. On laisse donc la famille Diynamic chauffer la Black Box pour retourner au Temple Stage pour Klingande, duo français dont le classique « Jubel » sur fond de saxo a enflammé toutes les soirées l’été dernier. Autant dire que le public en attendait beaucoup. Malheureusement, Hey, Jack ! trouve que Klingande a livré un set d’escroc ! Les remix live de « Otherside » des Red Hot’ à la sauce deep house et de « Sonnentanz » de Klangkarussell avec un saxophone électronique n’avaient rien de fou et le public n’était pas en transe, comparé au live de Robin Schulz par exemple. Par deux fois nous avons entendu des remarques du genre « C’est quoi ce remix, bordel ! ». Malaise. Klingande a quand même envoyé ses sons les plus célèbres histoire de se mettre le public dans la poche. Ce qui a marché. Au final, le set était correct mais pas assez poussé. Un mec avec qui on a sympathisé nous dit qu’il l’avait déjà vu en live une fois et que « ce n’était pas trop ça ».

Il est plus de 4h, la Marvellous Island bat son plein depuis deux jours déjà et on commence à ressentir la fatigue de deux nuits de techno, de deep house et d’alcool. Petit tour à la paillote Ô Fruits qui nous prépare des cocktails de fruits non alcoolisés supers bons et dont les mecs qui tiennent le stand (et viennent juste de lancer ce business) sont en prime vraiment cools. Un petit shoot de vitamine histoire de partir sur une note saine, et nous quittons définitivement le festival.

Cette année fut celle de la confirmation pour la Marvellous Island. Le festival a trouvé son identité : une scénographie ultra étudiée pour un décor exotique invitant au voyage, une ambiance bon enfant et une programmation qui se veut dorénavant très éclectique. Il y en avait pour tout le monde. L’organisation est presque un sans-faute et le sound system a été amélioré par rapport à l’année dernière. Très légère déception du côté des Djs dont certains n’ont jamais voulu pousser vers leurs limites, si bien que les fêtards en quête de puissance de son ont souvent eu l’impression qu’on ne leur donnait pas tout ce qu’il y avait à donner. On reste donc sur notre faim par rapport à certains sets. Mais l’ensemble du festival était vraiment fou et Hey, Jack ! book d’office trois jours de RTT pour une troisième édition en 2015.

 

21/05/2014

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