Musique // Focus : Arnaud Rebotini

5 Posted by - 4 octobre 2013 - Nocturne, Pop

Si Cluster et Jean Michel Jarre furent parmi les premiers à composer de l’électro en se servant de synthétiseurs, Arnaud Rebotini, près de quarante ans plus tard, les ressort pour produire l’une des technos les plus nobles de l’hexagone. Avec sa moustache de viking, sa dégaine de rocker et ses choix musicaux, le DJ détonne dans le milieu français de l’électro et il sera présent au Rex samedi 4 octobre, après avoir électrisé la Gaité Lyrique hier soir. L’occasion de faire un peu les présentations.

Avant tout, impossible de parler d’Arnaud Rebotini sans évoquer la période Black Strobe… À l’époque vendeur de dique chez Rough Trade à Paris, Arnaud Rebotini s’associe à Ivan Smagghe et, ensemble, ils vont remixer à tout va : Depeche Mode, Rammstein, Bloc Party, Ayumi Hamasaki, The Rapture. EPs et remixes créeront la sensation et tailleront leur réputation mais, en dix ans, aucun long format ne sort et le public s’impatiente. La rupture s’opère enfin en 2007, avec deux sorties : celle Burn Your Own Church, leur premier album, et celle d’Ivan Smaggje, qui quitte le groupe suite à une brouille. Smagghe s’exile outre-Manche et rencontre le succès à Londres, laissant Rebotini seul à la gestion d’un album qui s’avéra décevant pour les amateurs du groupe.

On le croit alors perdu. Grosse erreur. En 2008, le compositeur met une claque à tout le monde et nous dévoile le meilleur de lui même avec Music Components (Citizen Records). Pour ce premier album solo, Arnaud Rebotini est revenu aux sources de la techno et a téj’ ses ordinateurs pour ne travailler qu’avec des machines : deux boîtes à rythmes Roland TR 808 et TR 909, et trois synthétiseurs Roland SH 101, Juno 60 et le Korg Monopoly. Rebotini expliquera plus tard qu’il est revenu à ses anciennes machines, qu’il n’avait jamais jeté, car il avait la sensation de se perdre avec les ordinateurs. Jolie revanche pour celui qui a réussit à produire un des meilleurs albums électro de 2008 en dépoussiérant sa cave. Un talent à la limite de l’insolence. La performance se retrouve aussi dans ses lives où les ordinateurs sont bannis, tout se jouant entre des machines branchées entre elles avec de vieux standards de synchronisation, pour donner une techno tout ce qu’il y a de plus pur, glaçant, brut.

Son deuxième album solo, Someone Gave Me Religion, confirma le parti pris et livra au public des sonorités électros new wave et 80′s. Depuis, on attend toujours un nouveau long format, mais Arbaud Rebotini préfère nous faire patienter un peu plus (le dernier LP remonte à 2011, Another Time, Another Place) avec un nouvel EP techno dark de seize minutes, Al In Blunderland, sorti il y a quelques semaines. Seulement deux tracks pour nous faire patienter, mais peu importe : les sonorités sont puissantes et froides, la bassline est énervée. Venez juger par vous même demain soir, au Rex.

Et son dernier mix.

 

KK – 4/10/2013

Image à la une : © Florian Ardérighi

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