Musique // Interview Maddalena

0 Posted by - 8 novembre 2012 - Pop

Cette dame impala, est une figure soignée et ambitieuse, ambassadrice d’une vision artistique singulière. Elle revendique une variation des thèmes et une certaine vision de l’universalité. Bipolaire et dérangeante, cette reine s’attache a ses traditions tout en s’éloignant des codes. Prête à se dénuder, son histoire commence, et sans pudeur, se dévoile…

Par une calme matinée d’octobre, on est allé rencontrer le groupe Maddalena, une mystérieuse dame apparue cet été et qui a sorti son premier EP la semaine dernière. Accueil chaleureux par trois jeunes gens sympathiques, poignées de main et verre de breuvage non alcoolisé, on peut commencer. Donc, ça fait quatre ans qu’ils jouent ensemble, mais ce nouveau projet est un nouveau départ. Ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Après la fin de leur dernier groupe, et surtout après un étrange rêve mêlant Italie, montagnes, cols alpins, grand-mère et retour à l’enfance, ils se sont retrouvés face à cette idée : une personnification de leur musique pour mieux se révéler. « Ne pas centrer la chose sur nous, ne pas se mettre en avant en tant qu’individus, mais se baser sur le collectif, et sur ce qui en ressort plutôt pour avancer… Ce qui compte, c’est ce qu’on fait, ce qu’on donne à voir et à entendre. Toute cette ambiance… » nous dira l’un des trois membres. Trouver quelque chose comme une mascotte, ou un étendard, ou une ombre reconnaissable entre mille, derrière eux.

« L’homme est moins lui-même quand il est sincère, donnez-lui un masque et il dira la vérité. », nous rappelle Oscar Wilde, dans Le Portrait de Mr. W.H. Citant Huysmans d’une part, pour le côté dandy dont ils se réclament avec une nonchalance qui passerait presque pour du pas-fait-exprès, et John Fante d’autre part, pour le côté outsider-émigré, dans lesquels ils se reconnaissent car étant eux aussi sur plusieurs territoires à la fois, leur musique ignore les frontières des genres. Parfois blues, parfois bossa ou nova, parfois juste onirico-poétique en english, parfois simplement rock, voilà où on pourrait se contenter de situer Maddalena, dame Impala, dansant sur un air de mandoline italienne ou sur un son de flûte de pan argentine, joués dans une cave vaudoue au Brésil…

Sensuelle et maîtrisée, à l’image de leur prod’ et de l’acharnement qu’ils vouent à taffer leurs sets pour la scène maintenant que leur E.P. est fini, leur son pourrait sonner comme cette femme-gazelle élégante et raffinée, flânant au milieu d’une cérémonie shamane. Mélancolique, pensant à quelque chose de l’ordre de la pureté qu’on aurait perdue, voilà ce qui me vient à l’esprit en repensant à leur musique. Avec une pointe de je-m’en-foutisme et pas mal d’insolence aussi. Cette insolence, ils l’ont utilisée à bon escient : ils ont eu « las corones » de s’auto-produire, après s’être auto-enregistrés et auto-masterisés, dans leurs propres studio qu’ils ont eux-même construit. Plus indé, tu meurs. Une manière de garder leurs distances et leur libertés face à une scène française ou parisienne à laquelle ils ne se sentent pas trop rattachés, qu’ils disent.Donc, c’est plus une ambiance que l’on retrouve chez Maddalena, plus quelque chose qui se rapprocherait de la sensation, ou du parfum qui vous engloberait entièrement pour vous transporter ailleurs. Extrêmement travaillée mais innée à la fois.« On a plus des mots-clefs, que des idées fixes, dans le groupe ».

D’ailleurs, cette ambiance particulière, ils aimeraient la retrouver lors de leurs concerts futurs, pensant déjà à la vidéo-projection, à des jeux de lumières, voire, allez dans leurs rêves les plus fous, mélanger les différents arts visuels et faire pourquoi pas des happenings pendant les shows, pour rendre l’atmosphère qu’on a pu, par exemple, sentir dans leurs clips… Tout se mélange et se confond, il n’y a pas de limites ici, la musique passe dans l’art, l’art dans le rêve et de ce joyeux coloré bordel apparaît en contre-jour une paire de cornes élancé vers le futur, dans une sorte de fureur vagabonde, une invitation au voyage.

 

1. Votre mot détesté ?
FONDERIE

1. Votre mot préféré ?
BENCHMARK

1. Drogue favorite ?
AUCUNE, SINON LA SUEUR, L’ELECTRICITE ET LA MOUILLE.

1. Un son, un bruit que vous aimez ?
UN SI BEMOL MINEUR 7

1. Un son, un bruit que vous détestez ?
MON MEILLEUR POTE QUI RONFLE UN LENDEMAIN DE CUITE

1. Homme ou Femme pour illustrer un nouveau billet de banque ?
NICOLAS DUPONT-AIGNAN

1. Gros mot favoris ?
NAZI

1. Le métier que vous n’aimeriez pas exercer ?
COMMERCIAL SPECIALISE FRIGIDAIRE CHEZ DARTY, OU JEUNE CADRE DYNAMIQUE DE LA DEFENSE

1. La plante, l’arbre ou l’animal dans lequel vous aimeriez êtres réincarnés ?
UN VER SOLITAIRE : TU BOUFFE GRATOS !

1. Si Dieu existe, qu’aimeriez vous qu’ils vous dise, après votre mort ?
« T’ES LA POUR TROIS MOIS, APRES TU REDESCEND POUR FAIRE DU ROCK »

2. Vous avez remarqué qu’ils n’y avait pas de question 3 ?
NON, ON ETAIT TROP PERTURBES PAR LA QUESTION DE LA DROGUE

 

Rackam – 07/11/2012

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