Musique // Lets dance to Caandides !

0 Posted by - 3 octobre 2012 - Pop

Yo. Là on va employer les grands mots. S’agit pas de prendre le risque des termes subversifs à propos de ce groupe : Caandides – sisi avec deux A, pas de faute de frappe. Tu connais pas MC Solaar ? On va tondre les mots, bien les brosser parce qu’on a vite fait de tomber dans la fraicheur du moment, la mouvance in : la pop-électro. L’électro, la pop, on entend trop ces deux termes-là : en sauce bouillabaisse, avec l’électro-pop rock ; en béarnaise, avec le rock-électro ; la variante au pistou, l’électro-punk. Trop, partout, à l’endroit de n’importe quoi dès qu’on est un peu paumé avec un nouveau son. Ainsi a-t-on, formé d’une pléthore de groupe en tout genre, un monstrueux nuage sonore qui peut te pisser Daft Punk, Phoenix comme Pony Pony Run Run et même Mika. Une sorte de tiroir à chaussettes où t’en pas trois qui vont ensemble. Migrons aux antipodes de cette soupe de pois, lets dance to Caandides.

Ils sont quatre, cinq ou six… merde, et puis on n’a qu’à fourcher entre deux et dix. Ils ont mis les pieds et les oreilles dans des pays exotiques, comme pas mal des français dès qu’ils ont un peu de thunes à claquer. Ca n’est pas pour autant que les milliers de touristes qui atterrissent à Orly ou à CDG s’empressent d’aller mixtaper des rythmes bachata salsa… Mais halte là aux préjugés : évitons de suite de sauter à pied joint sur l’étiquette « musique folklorique ». Certes, on  y dépucelle des rythmes chaloupés invitant au voyage ou à ce que vous voulez, pour autant ça n’est pas Carlos – minute de silence à ce maître du punch coco parti trop tôt. Ça sonne pop dira-t-on. Ah oui, en effet, y’a de la mélodie en synthé avec des refrains. Si on s’en tient là, oui. Seulement, la construction des morceaux n’a rien à voir avec un single pop. Chez Caandides, pas d’univers acidulé, ça n’est pas de la manufacture rabotée en 3 min 30 (un single étant taillé pour la radio entre 3 et 4 min). Il s’en sort quelque chose de fuyant, une digression sonore. Des compositions énigmatiques empruntant à un large panel de courants musicaux amenées à évoluer en live. D’un concert à l’autre, les morceaux tanguent les uns sur les autres. Les mélodies s’enchainent et se construisent sur une lame de rasoir, et c’est pas le moment de mater le décolleté de de la fille de devant. On reste à l’affut du moindre bruit. Silence. Laisse-toi envahir. Sois vulnérable et naïf.

Au bout d’un moment y’a comme un truc qui se cristallise dans le tympan. Comme un air de rock anglais des 60’s, des rythmes lancinants à la Pink Floyd, un fond de percussions venues d’Amérique latine… Toutes ces petites sonorités disséminées ça et là soudain sont emportées par une sorte de ressac, un frisson dans l’échine… et ça vient. L’ensemble devient cohérent. Comme par enchantement ?  Si on veut. Même si, vu leurs gueules absorbées, ça serait plus de l’acharnement.
Quand la dernière note tombe, y’a toujours un petit silence dans l’audience comme si le public était sonné par ce retour à la normale. Silence. Puis, guidé par l’instinct grégaire, t’applaudis.

- Putain, c’est quoi leur nom déjà?

- Caandides avec deux «a», motherfucker !

Rendez-vous :

Le 8 novembre à la Boule Noire. (Evènement sponsorisé par les InRocks, n’empêche que Hey Jack suit le groupe depuis un bon moment déjà… bien avant)

Le 14 décembre au point Ephemère.

Y’en a aussi pour les provinciaux à Roubaix, à Lille…

 

Axel Setzo’o – 01/10/12

Aucun commentaire

Laissez un commentaire