Art // Walter Pfeiffer, dans l’ombre de Larry Clark

5 Posted by - 11 juin 2015 - Art

Moins connu que Larry Clark mais tout autant reconnu, Walter Pfeiffer est surtout tout autant barré que le réalisateur de Wassup Rockers. A la base peintre, dessinateur et designer graphique, Pfeiffer, né en Suisse en 1946, a plus tard développé une véritable passion pour cette capacité qu’a la photographie à capturer la beauté de l’instant. Inspiré par un entourage composé de crados élégants et de femmes nonchalantes et stylées, il commence à peaufiner son style photographique au début des années 1970, un style fondé sur un désir permanent de beauté et une observation minutieuse des permutations de la mode et du style, revendiquant parallèlement une affection pour la jeunesse, l’esprit rock et l’underground. La notoriété en tant que photographe arrive grâce à une série de photos que le grand public put découvrir lors de l’exposition Transformer de Jean-Christophe Amman, en 1974. Les photos dévoilaient un homme dans sa jeunesse, sans virilité aucune : l’exercice deviendra sa marque de fabrique. La même année, il expose une série d’assemblages de photographies et de tissus pour ce qui sera sa première exposition personnelle.

1981. On est alors en pleine genèse de la décennie désenchantée et Pfeiffer publie l’éponyme Walter Pfeiffer (récemment réédité par JRP/Ringier), un bouquin dont l’érotisme et la brutalité collait complètement avec le mouvement punk/wave du moment, bien qu’il présenta l’approche comme sans prétention aucune à la photographie. Durant les années 1980, il se lance dans une recherche encore plus profonde de la beauté masculine, qui aboutit à DasAuge, die Gedanken, unentwegt wandernd en 1986, soit une série de portraits homo-érotiques, comme d’habitude…

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Walter Pfeiffer ©

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Walter Pfeiffer ©

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Walter Pfeiffer ©

Par la suite, Pfeiffer se consacre au dessin pour un petit temps et revient à la photographie dans les années 1990. En 2001, il publie Welcome Aboard qui prouve qu’il est resté plus jeune et déréglé que jamais.

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Walter Pfeiffer ©

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Walter Pfeiffer ©

Scrapbooks, 1969-1985 (Patrick Frey Editions, 2012) est son dernier livre. Un cabinet de curiosités unique où polaroids et photographies squattent avec des objets divers – coupures de journaux, cartes postales, emballages, billets – et autres brèves notes. Pfeiffer assemble tout cela dans un grand collage qui constitue à la fois le fondement créatif de son travail artistique et un document contemporain qui capte plus que jamais l’esprit des années 1970 et 1980. Ces dernières années, il a a essentiellement travaillé pour pas mal de magazines internationaux (i-D, Achtung, Vogue, Têtu…), on lui doit l’essentiel des dernière campagnes APC, et son oeuvre a fait l’objet d’une superbe exposition l’an dernier à la très rock’n'roll galerie Sultana (3e).

KK – 11/06/2015

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