Expo // Robert Mapplethorpe au Grand Palais

0 Posted by - 26 mars 2014 - Art

A l’occasion des 25 ans de sa disparition, une des plus grosses rétrospectives jamais consacrées à l’œuvre du photographe américain Robert Mapplethorpe s’ouvre ce mercredi 26 mars au Grand Palais, à Paris. Souvent assimilé au trash, au sex, au SM et au rock, Mapplethorpe était avant tout un grand artiste de l’érotisme dont les portraits, les natures mortes et les nus plus ou moins cuirassés d’une époque balayée par la SIDA ont traversé les générations.

Né en 1946 au sein d’une famille catholique, Robert Mapplethorpe quitte le domicile familial en 1963 et rentre au Pratt Institute de New York, une école d’art pas mal reconnue aux Etats-Unis. Il n’est alors pas encore intéressé par la photographie et il y étudie le dessin, la peinture et la sculpture. New York donne vite le tournis et l’étudiant fraichement émancipé y découvre le cannabis, le LSD, les boîtes de nuit et les relations homosexuelles. Il rencontre Patti Smith en 1967 et s’installe avec elle au Chelsea Hotel, résidence officielle des artistes de passage dans la métropole et qui a vu séjourner Beauvoir, Frida Khalo, Sartre, Kubrick, Hendrix, Uma Thurman, Nico, les Kills, Piaf… bref, de tout ce que New York a vu passer d’écrivains sous opiums, d’acteurs cokés et de rockeurs au bout du rouleau. Mapplethorpe s’intéresse enfin à la photographie en 1970, un peu par hasard, en maniant le polaroïd d’une amie. Patti Smith figure sur ce premier cliché et, très vite, Mapplethorpe en réalisera une série d’autres qui seront exposés à la Light Gallery (New York) en 1973 à l’occasion de sa première exposition personnelle, « Polaroïd ». Entre temps il a eu le temps de se choper un appareil photo Hasselblad grand format et commence à photographier ses potes artistes, compositeurs, stars du X et membres de groupes SM undergound. Grand fan de SM, Mapplethorpe choque ses contemporains mais sa maîtrise technique est indéniable et propulse sa carrière.

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Les années 1980 marquent un changement radical dans son oeuvre : les photos de nus dévoilent dorénavant des corps sculpturaux et graphiques, les natures mortes de fleurs prennent toute leur place dans l’œuvre et les portraits d’artistes (Andy Warhol, Isabella Rossellini, Iggy Pop…) sont criants d’esthétisme et de grâce… Il est clair que Mapplethorpe s’intéresse dorénavant à la beauté classique et cherche à capter le raffinement chez ses sujets. Mais sa période trash le rattrape et, en 1986, les médecins annoncent à Mapplethorpe qu’il est porteur du SIDA. Il décèdera trois ans plus tard, juste le temps pour lui de créer sa propre fondation, la Robert Mapplethorpe Fundation.

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Robert Mapplethorpe ©

Plus de 200 œuvres couvrant toute la carrière de Mapplethorpe seront exposées au Grand Palais du 26 mars au 24 juillet, des polaroids du début aux portraits esthétiques de la fin, en passant par le SM, les nus, les natures mortes… pour l’une des plus grosses rétrospectives jamais organisées en l’honneur de ce photographe et sculpteur dans l’âme qui n’aura cessé d’être tourmenté par l’esthétique du corps parfait et la compréhension de sa propre sexualité – les clichés les plus sexuellement explicites sont d’ailleurs regroupés dans une salle interdite aux moins de 18 ans.

- Robert Mapplethorpe au Grand Palais, Galerie sud-est, du 26 mars au 13 juillet 2014

 

KK – 26/03/2014

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