Expo // Le mythe Cléopâtre à la Pinacothèque de Paris

5 Posted by - 15 mai 2014 - Art

Jusqu’au 7 septembre, la Pinacothèque consacre ses deux salles à une exposition qui fleure bon l’Orient et la sensualité : « Le mythe Cléopâtre ». Rétablir la vérité historique sur la reine d’Egypte et présenter la construction et les aspects de sa légende, voici le défi audacieux que s’est lancé le commissaire de l’exposition Giovanni Gentili.

Entre histoire…

La première partie de l’exposition, à la Pinacothèque 2, fait les présentations entre le visiteur et Cléopâtre VII Philopator, héritière de la dynastie grecque des Lagides qui règne sur l’Egypte depuis la mort d’Alexandre le Grand. Née en 69 avant notre ère, la jeune pharaonne se trouve à une époque charnière de la République romaine qui vit ses dernières heures : après l’affrontement entre Pompée et César pour la domination de Rome, l’assassinat de ce dernier en 44 et la mort de Cléopâtre et Marc-Antoine, Octavien deviendra Auguste, le premier empereur de Rome. A travers ses alliances et relations avec César et Marc-Antoine, c’est avant tout l’indépendance de son pays que la reine veut préserver devant un Empire de plus en plus agressif. Statuts, bibelots, sarcophages, peintures et bas-reliefs antiques nous plongent dans l’ambiance du Ier siècle avant Jésus-Christ, appuyés par d’amples explications qui se révèlent à la fois très précises mais également concises et efficaces. Après la vie de Cléopâtre et ses célèbres amants, les rites funéraires égyptiens ainsi que les débuts de la fascination romaine pour l’Egypte nous sont présentés de manière claire et instructive.

… et mythe

La seconde partie de l’exposition laisse derrière elle l’atmosphère épurée des vestiges antiques : le visiteur plonge dans la réappropriation de la légende de Cléopâtre par des artistes de la Renaissance. La plupart des œuvres du Ier siècle a été détruite par Auguste : gloire aux vainqueurs, malheurs aux vaincus, les historiens romains se sont fait un plaisir de véhiculer une légende noire sur la reine qui personnifie les malices de l’Orient. A partir du XVIème siècle, de nombreux artistes se penchent sur Cléopâtre qu’ils diabolisent ou au contraire réhabilitent selon le message relatif à leur propre époque qu’ils veulent faire passer. La reine d’Egypte est devenue un mythe aux multiples facettes, présent dans l’imaginaire collectif.

L’exposition se poursuit par un récapitulatif des spectacles et films qui ont été consacrés à la reine. Des extraits d’Astérix et Obélix Mission Cléopâtre aux costumes portés par Elizabeth Taylor dans le fameux Cleopatra, nous pouvons relativiser ces interprétations à la lumière des faits historiques exposés dans la première partie de l’exposition. 

Une exposition convaincante et riche

Le mythe Cléopâtre saura satisfaire le plus grand nombre de visiteurs : ceux qui découvrent l’époque et le personnage apprendront beaucoup et aisément, les initiés seront satisfaits par l’exhaustivité des explications et la profusion des œuvres. Se dégage également une atmosphère particulière à cette exposition ; alors que l’été sera oriental ou ne sera pas (de nombreux musées se consacrent à ce thème), Le mythe Cléopâtre parvient à faire voyager le spectateur et à lui faire découvrir une figure lointaine mais fascinante, entre méfiance et attraction.

 

Louise Bollecker – 13/05/2014

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