Cinéma // Grand Central

0 Posted by - 27 août 2013 - Pop

Gary (Tahar Rahim) c’est le genre de mec qui mène sa vie comme il l’entend, sans rien devoir à personne, vagabondant de villes en villes, de petits boulots en petits boulots. Débarqué de nul part, il trouve une place dans une centrale nucléaire, en tant que décontamineur, l’un des postes les plus dangereux du secteur qui te plonge un homme sous-qualifié au cœur des réacteurs afin de « nettoyer » ces derniers de toute radioactivité… prenant le risque d’exposer le travailleur à une surdose fatale. La centrale, c’est aussi un mode de vie à part, une communauté soudée avec ses propres codes, une nouvelle famille qui intègre rapidement le nouvel électron libre qu’est Gary. Mais gare à la désintégration… et Grand Central devient doublement poignant quand il avance selon deux fils conducteurs : le monde du travail – dangereux et marginal – des décontamineurs sans cesse exposés à la surdose, et Gary qui expose aussi son cœur aux fissions mortelles, en se prenant d’une passion interdite pour la sulfureuse Karole (Léa Seydoux), la femme de Toni (Denis Ménochet), un des anciens de la centrale. La surdose se calcule tous les jours grâce à un appareil portatif : 20 milisievert et c’est la porte, le chômage. Mais les atomes crochus entre Gary et Karole, comment les mesurer ? Comment les limiter ? Car, là encore, l’exposition entrainera l’exclusion. Espace dangereux, réglementé, la centrale ne peut être sujette aux perturbations, tout comme ses travailleurs, Gary l’apprendra à ses dépends.. Et peut importe si l’amour avec Karole est pourtant bien réel : quand la romance éclate au grand jour, c’est la fin, il doit quitter les lieux.

Une heure trente de romance pour un film qui est aussi politique et dérangeant, car il nous plonge au cœur des centrales nucléaires, au coeur de la réalité de ces travailleurs de l’extrême que personne ne connait, aussi invisibles que les substances auxquelles ils sont exposés, et qui ont fait de la mort leur flirt quotidien. Les consignes de sécurité et les protections peuvent bien être maximales (uniforme hermétique, casque, tests d’aptitude physique, etc.), Tahar Rahim et Léa Seydoux semblent avancer dans Grand Central sans protections, vulnérables, insensibles aux signales sonores des alarmes qui s’immiscent dans le film par à coups.

On n’en attendait pas moins de Rebecca Zlotowski qui, pour son deuxième essai, confirme toutes nos attentes. Et puis bon, réunir Léa Seydoux et Rahim dans un même film ça peut agacer pas mal de monde, mais avouons que c’est toujours jouissif à regarder.

8,5/10

 

KK – 27/08/2013

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