Cinéma // Tom à la Ferme

0 Posted by - 22 avril 2014 - Pop

Après la révélation de J’ai Tué Ma Mère, la confirmation avec Les Amours Imaginaires et la déception du trop ambitieux Laurence Anyways, Xavier Dolan revient avec un film annoncé comme un thriller éprouvant qui devrait plaire aux détracteurs du cinéaste. Car notre jeune prodige québécois élimine ce qui faisait le sel de son cinéma (ralentis, esthétique de pub, ambiance pop et histoires d’amour compliquées) pour livrer ici un film plus épuré et qui se vit comme un total exercice de style. Vous êtes prévenus.

Tom, jeune citadin, arrive aux champs pour rendre hommage à son compagnon, disparu, atterrit dans la famille barrée du défunt et va se retrouver dans des situations délicates. Jusque là, tout va bien. Le film se déroule dans une ambiance étrange, Dolan distillant une sorte de malaise agréable mais non dénué d’artificialité. Ca se gâte quand on prend conscience que les promesses que le sujet et la fameuse bande annonce donnaient à voir ne sont pas tenues. On se retrouve alors devant un film qui se demande où il va et qui tue toute empathie pour les personnages… On comprend que Tom est contaminé et devient (à sa propre guise ? Confusion !) le défunt, qu’il prend sa place. Idée bonne, certes, mais Dolan n’en fait rien. On a alors un espoir quand une amie arrive dans le trio fou composé de Tom, la mère et le frère. La nouvelle venue dynamite l’action et la psychologie des personnages mais, hélas, le réalisateur ne creuse pas plus le sillon et rend la suite maladroite et incompréhensible.

Certains films semblent te dire quelque chose comme : « Hey, j’ai tout pour moi mais tu ne peux entrer dans mon univers et dans ma logique, donc tu vas détester » ! Tom à la Ferme est l’un de ces films, ce qui est frustrant car les qualités sont indéniables (la poursuite dans le champs, puis le tabassage, le rire de la mère durant un repas d’anthologie). En bref, un film bancal, impénétrable, sorte d’hommage tordu et queer à la Hitchcock. Fort quand il assume son étrangeté. Raté dans ses scènes de suspense où, finalement, Dolan ne filme que le vide.

6/10

 

Gabriel White – 22/03/2014

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