Cinéma // Nymph()maniac, volumes 1 et 2 : bilan décevant

2 Posted by - 3 février 2014 - Pop

Lars Von Trier, on aime ou on déteste. Pas de juste milieu avec le bonhomme. Certains de ses films sont magistraux, à l’instar de Dogville ou Breaking the Waves, et le volume 1 de son dernier opus était satisfaisant. Nymph()maniac sentait le stupre et le scandale sur le papier mais s’est finalement révélé être un très bon film sur la solitude d’une femme malade. Petit rappel…

Le premier volume se composait de cinq chapitres, assez forts dans leur ensemble, malgré des digressions inutiles et des ralentissement de rythme assez frustrants. Ces parties couvraient la jeunesse de Joe (campée par Charlotte Gainsbourg), qui va raconter à un homme, Seligman, ses expériences débridées. Les séquences, souvent accompagnées de musique classique, étaient efficaces, drôles ou dérangeantes et on admirait la mise en scène de Von Trier, apte à sublimer n’importe quoi avec sa maestria au souffle dévastateur. Le long métrage devenait aussi un objet ludique, le cinéaste s’amusant à incruster textes et chiffres en symbiose avec le récit, provoquant le rire, l’effroi… ou les deux (scène de dépucelage). Dans son quatrième chapitre, Lars Von Trier osait même utiliser le noir et blanc et nous rejouait les grands codes du mélodrame européen (l’adieu au père sur son lit de mort entre cris et pleurs au programme). Le dernier chapitre était magistral, sublime ode à la polyphonie des oeuvres de Bach, Trier faisant le rapprochement entre un morceau du compositeur allemand, décortiqué en 3 mouvements, et 3 rapports sexuels avec 3 hommes différents. On se faisait un plaisir de découvrir le deuxième. Il se révéla consternant et détestable…

Le deuxième volume est composé de trois parties : « Chapitre 6 : L’Eglise d’Orient et d’Occident » ; « Chapitre 7 : Le miroir »
 ; « Chapitre 8 : Le pistolet ». Le film débute là où le premier se terminait et c’est le début des catastrophes colossales… Une enfant en lévitation dans un champ, entourée d’entités biblique et mythologiques ; un triolisme avec deux Noirs (scène abjecte, dégueulasse et limite raciste et pas, mais pas du tout, drôle), des digressions stupides, des personnages sans aucune saveur, de la complaisance, de la violence… tout est cheap et mal filmé (oui, vous avez bien entendu, on parle bien de Trier). On s’ennuie ferme, la fin est stupide et se fout violemment de ta gueule et arrive cette sensation de vide absolu, comme si le réalisateur avait pété les plombs et sabotait son film dans sa seconde moitié. On en ressort en se demandant juste : « POURQUOI ??? »

Capture d’écran 2014-02-03 à 15.19.16

5/10

 

Gabriel White – 3/02/2014

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