Cinéma // Only Lovers Left Life

0 Posted by - 25 février 2014 - Pop

Réalisateur dandy rock ayant une filmographie très classe allant du poème lyrico western contemplatif Dead Man au tragi comique de Broken Flowers en passant par la quête vengeresse du Ghost Dog, Jim Jarmusch s’attaque au vampirisme – thème vu et revu – en sachant qu’on peut vite s’y casser les dents car la concurrence est rude. Mais Jimmy n’est pas dupe et s’en tire de manière plus que correcte. Explications.

Only Lovers Left Alive raconte les errance nocturnes d’un couple de vampires, très différents mais se complétant à merveille. Adam (Tom Hiddleston) est musicien à Detroit, compose des morceaux noirs et déprimants, se nourrit de sang via des tubes réfrigérés fournis par un docteur, collectionne les guitares d’anthologie et veut mourir. Eve (Tilda Swinton) habite à Tanger, aime se promener dans les ruelles sombres et parle à son confident, Marlowe (John Hurt), un vieux vampire sage. Puis le couple Adam/Eve se retrouve à vivre ensemble au quotidien, philosopher sur la musique, danser, boire leur sang en tube, parler des humains qu’ils nomment les Zombies et envers qui Adam ressent un profond mépris, les humains étant coupables de tous les maux de la société. Cette existence va vite se voir bousculer par l’arrivée de la petite soeur d’Eve, une jeune fille délurée.

Jarmusch livre un film sur le spleen romantique de deux êtres perdus, un film languissant et enivrant, enfumé et merveilleusement mis en lumière. Ne pas s’attendre à un scénario en béton ; Jarmusch s’intéresse ici aux émotions intérieures de ses personnages, en quête de quelque chose d’impossible. Il ne se passe strictement rien et les deux heures passent comme une étoile filante tant l’oeuvre est fluide et hypnotique. On retient la beauté des premières images du film, filmées en plongée en 360, sublimées par la musique de Jozef van Wissem.

La mise en scène est stylisée et maitrisée, certains plans sont d’une beauté plastique effarante et les mouvements de caméra souvent délicats et introspectifs pour mieux nous plonger dans le quotidien de ce couple. Mieux : le film est drôle et on rit souvent. Only Lovers Left Alive ne s’explique pas, il se ressent. Certains trouveront le film mauvais (Jarmusch a ses détracteurs !) et d’autres le trouveront empreint d’une belle magie envoutante, doux, rempli de spleen et attachant.

7/10

 

Gabriel White – 25/02/2014

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