Cinéma // Les Amants Electriques

0 Posted by - 1 mai 2014 - Pop

Qu’on se le dise, si certains ne sont pas au courant : Bill Plympton est un génie. Terry Gilliam n’en démord pas non plus. Pas étonnant quand on voit leur similitude à nous livrer des films barrés et visuellement fous. Les Amants Electriques, petit nouveau né de Plympton, est sorti, a été vu et a été apprécié avec le sentiment de voir sur l’écran une oeuvre qui fera date dans l’histoire du cinéma d’animation. Ce fut un plaisir dingue, un enthousiasme permanent et génial.

Ella (durant une séquence d’ouverture monstre où elle parade dans une foire où tous les regards des hommes la déshabillent des yeux) rencontre Jake durant une séance d’auto-tamponneuse. Et c’est littéralement le coup de foudre. La compagne du monsieur a tout compris et le charmant couple peut pleinement vivre une grande et belle histoire. Mais nous sommes dans un Plympton donc il n’y aura pas de « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». Non. Ca dégénère très vite et à la suite d’un quiproquo absurde.

Plympton n’a pas peur de montrer ses personnages en plein désarroi, en pleurs, déchirés de l’intérieur, se sentant blessés et tiraillés par la haine destructrice, le souhait de la mort de l’autre (voir le gag du tueur à gages). Il n’a pas peur non plus des métaphores grossières mais tellement poétiques ! Et surtout, il n’a pas oublié qu’il raconte une histoire (même si tordue et hilarante car noire et sans limites) romantique donc il adapte son style au genre et ça fonctionne parfaitement. Mention aux enchaînements brillants où les anamorphoses nous font bondir de nos sièges tant c’est brillant !

Notons quelques scènes qui vont rester dans tous les esprits des cinéphiles : la danse sur un opéra de Verdi où nos deux amoureux valsent tout en chantant ; le vol des serviettes de la voisine dans le jardin ; la détresse de nos deux protagonistes (Jake pleurant à chaudes larmes dans sa voiture lancée à toute allure avec à ses cotés un poisson qui pleure de plus belle aussi)… Bref, vous l’aurez compris, un délire ininterrompu d’inventivités scénaristiques et visuelles, un film féroce mais avec un coeur gros comme ça et une bande son terrible ! LE film d’animation de l’année, assurément.

9/10

 

Gabriel White – 22/03/2014

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