Cinéma // Her

0 Posted by - 17 février 2014 - Pop

Plan fixe, face caméra. Théodore (génial Joaquin Phoenix) déblatère une déclaration d’amour. Ca dure longtemps. Et puis on se rend compte que notre personnage principal est devant un écran d’ordinateur et non pas devant une vraie personne. En fait, il bosse : son boulot consiste a écrire des lettres pour les autres, au moyen d’enregistrements vocaux qui retranscrivent ses paroles de manière manuscrite. On suit donc ce type qui se remet mal de son divorce avec son ex femme (Rooney Mara) et qui vivote, dans un futur proche, dans son appartement à écouter des chansons mélancolique et à jouer aux jeux vidéo… Jusqu’à ce qu’il découvre le programme système OS qui permet de s’adapter à la personnalité de l’utilisateur ; Samantha, la voix du programme, est donc née. Ses désirs et ses sentiments vont évoluer, ceux de Théodore aussi. Ainsi commence la « romance ».

Voici le nouveau film du petit prodige Spike Jonze, à qui l’on doit Max et les Maximonstres ou bien Dans la Peau de John Malkovich, oeuvres sensibles, délicates et originales. Son nouveau joujou ne déroge pas à la règle tant le film est maitrisé autant sur le fond (comment un homme paumé vivant mal son divorce va tomber amoureux de la voix d’un programme informatique, la voix de Scarlett Johansson) que sur la forme (Jonze filme magnifiquement la lumière de la ville, les couleurs, les visages, les plans sont de toute beauté, en caméra portée, oui, mais pas gigotante de partout comme peuvent l’être certaines.

Tout le génie du film tient au fait qu’il nous montree que cette relation est fichue dès le moment où elle commence, même si la personnalité de Sam est bluffante et son amour sincère. Jonze nous caresse avec douceur durant tout le film, tout en pointant le malaise et l’absurdité de la situation. En bref, un grand film triste sur les dérives de notre société, créant des être déconnectés de la vraie réalité, des être perdus et malheureux. Mention spéciale à la musique, composée par Arcade Fire qui a concocté une BO mélancolique, tendre et grave. Sortie mercredi 19.

7/10

 

Gabriel White – 17/02/2014

Aucun commentaire

Laissez un commentaire