Cinéma // The Grand Budapest Hotel

0 Posted by - 27 février 2014 - Pop

La nouvelle petite merveille de Wes Anderson est arrivée, pour le bonheur de tous les cinéphiles ayant du goût. Il faut le reconnaitre : ce réalisateur compte parmi les plus importants qui peuplent le monde cinéma en ce moment. Ses films sont reconnaissables en un seul coup d’oeil avec leur côté « maison de poupée », leurs couleurs pastels et leur mise en scène au cordeau que n’aurait pas renié Stanley Kubrick tant la forme est presque jumelle. Et ce nouveau film est une merveille.

Via un habile « récit dans le récit dans le récit », The Grand Budapest Hotel raconte l’histoire de Zero, un jeune homme (Tony Revolori, à suivre de très près !) qui travaille en tant que lobby boy au Grand Budapest Hotel, dans un pays imaginaire en Europe qui rappelle étrangement la Pologne avant le début de la Seconde Guerre Mondiale. Zero est pris sous l’aile du directeur de l’établissement, Mr Gustave (Ralph Fiennes), qui lui apprend toutes les ficelles. Ce dernier apprend la mort d’une amie très riche (Tilda Swinton, méconnaissable) qui lui lègue un tableau d’une richesse folle mais la famille carnassière de la morte va montrer les dents et pourchasser impitoyablement Gustave et son lobby boy. Commence alors un jeu de chat et de souris traité de manière ludique et divertissante, un jeu de l’oie jouissif, fou, rythmé et enthousiasmant !

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Wes Anderson filme comme personne, ses cadres sont travaillés au millimètre et chaque plan fourmille de mille détails, si bien qu’on a envie de revoir le film juste après avec ce sentiment pénible d’avoir raté un tas de choses visuellement magiques. Depuis Fantastic Mister Fox, le cinéaste travaille avec des miniatures et le résultat à l’écran est bluffant et donne tout son charme à l’esthétique du film. Son sens du tempo est maîtrisé, les répliques – savoureuses – s’enchainent à grande vitesse et les acteurs s’en donnent à coeur joie ! Anderson s’est entouré de sa « famille » (Murray, Wilson, Brody) mais accueille aussi des petits nouveaux qui s’harmonisent tellement avec les autres qu’on se demande pourquoi il n’a pas fait appel à eux avant. On retrouve avec bonheur un acteur qu’on avait perdu de vue et qui nous livre ici une prestation géniale : Jeff Goldblum (La Mouche, Jurassic Park…) On découvre aussi le fou furieux Willem Dafoe en tueur psychopathe halluciné, le charme de Saoirse Ronan est toujours envoutant et nos deux Français (Amalric et Seydoux) ravissants. Du beau monde pour un film dense et choral. Notons quelques scènes marquantes comme la poursuite en luge/ski ou la mort d’un des personnages (qui oubliera la scène des doigts ?).

L’un des meilleurs film depuis le début de cette année 2014, un film qui envoie valser la quasi totalité des daubes qui sortent chaque année, un film modèle qui sera sans doute analysé dans les écoles de cinéma, c’est certain. Un film fou, tendre, féroce, hilarant, de poursuite, de guerre, d’amour ; un très grand film. C’est aussi le premier Wes Anderson à être aussi mature et sombre. Le film se situe à l’aube d’une Guerre qui, même si imaginaire, rappelle furieusement la Seconde Guerre Mondiale. De ce fait, les poursuivants ressemblent à des SS (ici des ZZ) le contexte ne prête pas à rire, malgré la forme ludique et enfantine du long métrage. Les dernières scènes sont amères, les couleurs s’évanouissent et laissent place au noir et blanc, le rire se tait doucement, le rideau tombe et le film se termine un peu sans prévenir.

10/10

 

Gabriel White – 27/02/2014

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