Art // Terry O’Neill, l’ami des rock’n'rolla

0 Posted by - 3 mars 2014 - Art

Né à la bonne époque, Terry O’Neill a photographié tout ce que la seconde moitié du 20e siècle compte d’acteurs, d’actrices, de rockeurs et de crooners. Moins inspirantes, les années 2000 ont peu à peu fait taire le flash de son appareil. Définitivement. Mais il nous reste ces portraits mythiques qu’on a tous vu au moins une fois sans vraiment y faire gaffe, témoignages d’une époque idéalisée souvent à tort, mais une époque terriblement esthétique, certainement sauvage et définitivement révolue.

Terry O’Neill est né le 30 juillet 1938 à Londres. Il quitte l’école à l’âge de 14 ans dans le but de devenir batteur de jazz, va enchaîner les représentations dans pas mal de clubs de Londres histoire de gagner sa vie et envisage très vite de s’installer aux USA, pays de naissance de cette musique. Pour se rapprocher de ce but ultime, O’Neill se met en tête de bosser pour la British Airways de l’époque afin de se faire offrir un billet gratuit pour New York. Il s’improvise photographe stagiaire pour la compagnie, commence à prendre goût au photojournalisme et s’inscrit à des cours d’art. Avec son Agfa Silette dans les mains, O’Neill arpente et photographie l’aéroport de Londres Heathrow de manière un peu hasardeuse, jusqu’à ce jour de 1959 où son objectif se porte sur un homme en train de pioncer dans une salle d’attente. Le Sunday Dispatch balance la photo en une le lendemain même : l’inconnu en question était le ministre de l’Intérieur britannique de l’époque. L’ascension de Terry O’Neill démarre. Il se voit proposer un job à mi temps dans le Sunday Dispatch puis se tournera vers le Daily Sketch, l’ancêtre du Daily Mail. On fait appel à lui pour photographier les jeunes pousses de l’époque et son style poli, professionnel, spontané et ultra relax va vite faire de les mettre en confiance, en témoignent des portraits où les Beatles ou les Stones apparaissent plus naturels et détendus que jamais.

Terry O'Neill, Keith Richards ©

Terry O’Neill, Keith Richards ©

Terry O'Neill, Keith Richards ©

Terry O’Neill, Mick Jagger ©

C’est que le timing est parfait… Les années 60 sont marquées par le Swinging London et sa nouvelle génération de jeunes artistes : les Stones, les Who, les Beatles, Elton John… tous des légendes en devenir. Terry O’Neill devient de plus en plus sollicité par les célébrités et débute en freelance afin d’élargir son champ de travail et de bénéficier de collaborations diverses, comme avec Rolling Stone Magazine ou Vogue. Son répertoire se noircit de noms pompeux comme Michael Caine, Richard Burton, Sean Connery ou Faye Dunaway, et O’Neill passes ses soirées à l’Ad Lib, le club londoniens qui rassemblait les rockeurs, designers, photographes et musiciens de l’époque (John Lennon et George Harrison y ont fait leur premier trip sous LSD). Terry O’Neill a shooté et surtout fréquenté pas mal de têtes d’affiches – il était marié à Faye Dunaway, qui lui a présenté toute sa clique – mais là où beaucoup se seraient brûlés les ailes à suivre le rythme de ces stars pour la plupart overcokées et suicidaires, le britannique a gardé son flegme et est resté dans l’ombre de son objectif, produisant des clichés devenus mythiques.

Terry O'Neill, Bardot ©

Terry O’Neill, Brigitte Bardot ©

Terry O'Neill, Jimmy Page ©

Terry O’Neill, Jimmy Page ©

Terry O'Neill, Audrey Hepburn ©

Terry O’Neill, Audrey Hepburn ©

- A lire : « Terry O’Neill », éd. Antique collectors clubs, 65 euros.

 

KK – 3/03/2014

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