Art // Robert Adams présente sa vision de l’Ouest américain au Jeu de Paume

1 Posted by - 19 février 2014 - Art

Depuis ses débuts dans les années 60, Robert Adams est considéré comme l’oeil du Far West. Né à Orange en 1937, il a grandit dans le Colorado près des paysages à couper la chique. Après des études d’anglais et un petit moment en temps que prof, il se met à la photographie. Etendues désertes et arides, mais aussi halte routière, baraques de bois… Robert Adams capte le monde qui l’entoure, un monde sauvage en pleine mutation industrielle et commerciale. La reconnaissance se fait avec The New West (1974), un livre regroupant ses photographies de l’aménagement suburbain dans le Colorado de la fin des années 1960 et du début des années 1970, faisant de Robert Adams le chroniqueur officiel de l’Ouest américain après Timothy O’Sullivan et William Henry Jackson. Tout en se gardant de critiquer ce qu’il voit, l’artiste n’aura de cesse de montrer comment les paysages de l’Ouest ont été pervertis par l’activité humaine.

Colorado Springs, 1973, Robert Adams ©

« Colorado Springs », 1973, Robert Adams ©

"Longmont, Colorado", 1973, Robert Adams ©

« Longmont, Colorado », 1973, Robert Adams ©

Intitulée « Robert Adams : l’endroit où nous vivons », la rétrospective au musée du Jeu de Paume (Paris) présente ses œuvres les plus importantes, dont Soirs d’été (1976-1982), New West (1968-1971), Ce que nous avons acheté (1970-1974)… soit près de 250 photographies tirées de 21 séries différentes et articulées en concertation avec Adams himself dans un but de cohérence. Dans la continuité de ses travaux, l’exposition offre donc un récit de l’évolution de l’Ouest des États-Unis à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, mais avec un regard sur la complexité et les contradictions de notre société contemporaine mondialisée qui nous rappelle l’intérêt d’Adams pour la relation chaotique entre l’homme et la nature… mais aussi sa quête d’une lumière et d’une beauté rédemptrices que cacheraient peut être ces paysages souillés et abimés. Le photographe aime d’ailleurs à citer la poétesse russe Anna Akhmatova : «Le miraculeux est si proche des ruines sales.»

« Robert Adams, l’endroit où nous vivons » au Musée du Jeu de Paume – Jusqu’au 18 mai 2014.

 

KK – 19/02/2014

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